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8 mars: la Journée Internationale des Droits de la Femme, c’est tous les jours!

8 Mars 2013 , Rédigé par Modem Val d'Oise Publié dans #Val d'Oise

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes et Porte-parole du Gouvernement rappelle que l’égalité femmes – hommes nous concerne toutes et tous.

Il ne suffit pas d’agir un jour par an : l’égalité est un travail de tous les instants. « Le 8 mars, c’est toute l’année ! » dit-elle.

C’est une réalité car les inégalités perdurent, qu’elles soient sociétales, professionnelles ou politiques la « parité » ou « l’égalité » restent souvent des mots.

Il y a encore un grand pas à franchir pour que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne une réalité tangible et irréversible.

Bilan.

  • L’Égalité professionnelle: la richesse de l’arsenal juridique est loin d’avoir éradiqué les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.

La loi à elle seule ne suffit pas, et la situation perdure s’agissant de la carrière, du temps partiel, de l’accès à la formation ou encore du salaire ( 29% d’écart constatés en moyenne).

Le 22 décembre 1972 une loi inscrivait dans notre droit le principe de l’égale rémunération des femmes et des hommes.

Qu’en est il concrètement depuis 1972?

La situation des femmes sur le marché du travail s’est bien sûr considérablement améliorée, et elles occupent maintenant une place proche de celles des hommes même si un écart subsiste dans les taux d’activité. C’est une évolution positive, car, on le sait, l’accès à l’emploi est la condition de l’autonomie financière, pilier de l’émancipation des femmes.

Mais les écarts de salaire eux se maintiennent invariablement.

Il y a une explication simple à cela: l’augmentation de l’activité et de l’emploi des femmes s’est faite assez largement par le développement du temps partiel, qui aujourd’hui, pour les petits temps partiels, place les femmes, qui , dans des situations de grande précarité représentent 80% des salariés à temps partiel.

Cette disparité lourde a un impact sociétal direct et très préoccupant sur les familles monoparentales. Face à cette urgence, l’indignation ne suffit plus. Il faut agir et de mettre en place des politiques et des dispositifs en entreprise garantissant l’égalité femmes-hommes.

  • Urgence Sociétale: Féminisation grandissante de la pauvreté.

C’est un constat douloureux. La grande pauvreté s’est durablement installée, ancrée et surtout elle s’est féminisée.

Le Secours catholique reçoit de plus en plus de femmes (57% en 2011, contre 50% en 2001), en raison d’une hausse du nombre de familles monoparentales, qui représentent 58% des familles accueillies. Les femmes sont »de plus en plus pauvres parce qu’elles sont de plus en plus seules et notamment avec des enfants », a précisé le président du Secours catholique

Ces familles sont très vite victimes d’insécurité sociale. Cumul de contrats précaires, CDD, temps partiels, voire difficulté à trouver un emploi. Les fragilités sont est accrues et le taux de pauvreté est de plus en plus élevé.

Leurs contraintes ( garde des enfants notamment) surexposent les moins qualifiées aux emplois précaires et au chômage. Les femmes seules constituent d’ailleurs la catégorie la plus représentée parmi les bénéficiaires du RSA (78,4 %).

Et si un dispositif d’aide a le mérite d’exister, il n’est pas suffisant à faire vivre la famille et reste une réponse partielle. Les femmes sont donc les premières victimes de la crise et de la pauvreté, signe alarmant d’une République en danger.

  • La Parité en politique: l’arbre qui cache la forêt.

Le gouvernement Ayrault est le premier gouvernement paritaire composé d’autant de femmes que d’hommes. En apparence, mais déjà l’apparence est une nette avancée.

Car si l’on observe la composition des cabinets présidentiel et ministériels le compte n’y est pas. Mais je reconnais ma réflexion trop exigeante et ambitieuse.

Encore un peu de patience! Jamais un gouvernement français n’a accordé autant de place aux femmes et nous nous devons de le féliciter.

Cette volonté a d’ailleurs été confirmée en début d’année par la nomination de trois femmes au Conseil Constitutionnel ( sur 9 membres). C’est un signal fort envoyé par nos représentants, même s’il faut rappeler qu’ils y ont été invités quelques jours plus tôt par les associations féministes, ou encore par une recommandation du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ( installé par décret le 3 janvier dernier et remplaçant l’Observatoire de la parité).

Enfin, effet direct de la loi sur la parité, l’hémicycle se féminise peu à peu: au renouvellement de l’assemblée en juin 2012 et sur 577 députés le pourcentage de femmes élues est passé de 18,7% en 2007 à 26,9%.

Une lente féminisation qui reste en deçà du seuil fixé par l’Europe (30%) pour qu’un groupe quel qu’il soit, puisse exercer un poids politique sur une assemblée.

Ces chiffres décevants mettent en lumière, malheureusement, les stratégies électorales des partis politiques et en particulier l’attribution de circonscriptions plus difficiles aux femmes( les fameuses candidatures de paille).

Les hommes ne jouent donc pas le jeu, enfermés dans leurs certitudes: la politique reste affaire d’hommes!

Mais le pire est ailleurs car si le gouvernement fait l’effort de l’égalité, localement, à l’échelle de notre territoire Val d’Oisien c’est une catastrophe.

Au renouvellement législatif de juin dernier: 9 députés élus et 9 hommes.

Au sein du conseil général du Val d’Oise on dénombre 39 conseillers généraux parmi lesquels seulement 6 femmes soit une représentation féminine de 15% environ.

Plus surprenant encore au sein de l’exécutif du conseil général sur 12 membres on ne compte qu’une seuls Vice Présidente soit 0,08%…

Enfin sur les 185 communes que compte notre département, seule 26 femmes sont Maire, soit environ 14%.

Triste constat lorsque l’on sait que la France compte plus de femmes que d’hommes!

  • Et pourtant…

Chacun le sait notre société va mal : Crise économique, chômage, montée des extrêmes, de l’insécurité, des violences, une jeunesse en perte de repères…le moral des français est fragile.

Ne pas accorder aux femmes la place qui doit être la leur, c’est oublier l’essentiel.

C’est oublier que les femmes et les mères sont un puissant vecteur de médiation, de conciliation, et de paix.

C’est oublier que bon nombre de femmes sont au cœur des problèmes de société, très impliquées dans le monde associatif, éducatif ou social. Elles maintiennent l’échange entre les générations et les différentes populations.

Elles œuvrent quotidiennement et sont, finalement, un facteur de lien dans la vie sociale.

Alors, oui, le 8 Mars c'est tous les jours, l'égalité c'est tous les jours.

Messieurs, n’ayez pas peur… et à vous chères FEMMES d’ici ou d’ailleurs j’adresse ces quelques mots de courage et d’espérance

"Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront."

René Char

Nathalie ELIMAS

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8 mars: la Journée Internationale des Droits de la Femme, c’est tous les jours!
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